Vigne et vin en partage

Oui, notre relation aux productions agricoles et viticoles peut changer... TerAvenue aime les démarches qui sortent des sentiers battus.

LA MONTAGNE ENTREPRENDRE Publié LE 25/11/2017

Vigne et vin en partage

Terra hominis Belle histoire de passion entre des vignerons et de modestes investisseurs, Terra hominis dessine les contours de vignobles collaboratifs, avec la saveur des plaisirs partagés dans le travail et la fête.

Ne leur parlez pas de crowdfunding ou de financement participatif ! Plutôt de projet partagé. Ludovic Aventin et Claude Oreja ne feignent pas d'ignorer le développement de ces placements mais avec Terra hominis, la terre des hommes, nous entrons dans la grande cave du collaboratif, celle où l'on trinque au vin le plus naturel produit dans le respect du terroir et de ses cépages historiques. Fourbu par l'apprentissage du travail de la vigne, on y lève le verre sans prétention, à l'amitié. Mais installation, reprise, développement et financement s'articulent dans la rigueur.

Le fondateur, Ludovic Valentin, est parti d'un triple constat : « Il faut de l'argent pour s'installer vigneron, les Français aiment le vin et les Français (certains) épargnent ». L'ancien caviste normand rejoint le Languedoc et Mas Angel en 2009. Deux ans plus tard, il jette les fondements de Terra hominis avec le désir de « donner du sens à un placement en le transformant en investissement plaisir ». Terra hominis soutient des vignerons, sans capitaux mais désireux de produire du vin de qualité, projet souvent rejeté par les banques. Le montage est clair : l'achat d'un domaine nécessite entre 160.000 et 400.000 € pour un nombre d'associés entre 100 et 130 qui apportent une part sociale de 1.300 à 2.500 €, laquelle correspond à un titre de propriété (acte notarié). Quant aux dividendes, 4,5 %, ils sont versés tous les ans en bouteilles.

Triple constat

« Nous recherchons des associés pas des actionnaires », explique l'ex-rugbyman d'Issoire, du CUC et de Montluçon, Claude Oreja, chargé des relations avec les membres. « L'objectif n'est pas de recruter des anonymes via une plateforme mais de se comprendre ». Reliés par la curiosité de découvrir comment se fait le vin, les associés, plus de 1.300, issus de toute la France, deviennent, via leurs réseaux, d'efficaces ambassadeurs. Certains domaines n'ont-ils pas 70 % de leur production réservée d'avance ?

La question du choix du projet, donc du vigneron, relève de Ludovic Aventin. Patiemment, il recherche et expertise les vignobles selon des critères qualitatifs. Avec la même attention, il dialogue avec le postulant qu'il soit œnologue avec un projet d'installation ou vigneron en développement.

 

Puis les valeurs de l'ovalie gagnent. Les ex-rugbymen internationaux, Pieter de Villier, Olivier Magne ou Didier Camberaro vendangent et foulent, tout comme le triple lauréat de Top chef, Pierre Augé, tous acteurs de joyeuses assemblées générales autour de grandes tables dressées dans les vignes. Une philosophie de vigneron et de vie pour des domaines uniques.

Où ? Terra Hominis, Fontanilles 34480 Cabrerolles ; Tél. 06.85.32.65.87 ; ludovic.aventin@terrahominis.com

Comment ? 1.300 associés, 14 projets à terme pour 75 hectares.

Domaines. Les principaux domaines : Mas Angel, Domaine Montgros, Graine Sauvage (AOC Faugères), Laur Bauzil, Dolmen des Fées, La Truffière, le Rêve partagé (AOC Minervois-La Livinière), Lacroix Vanel (AOC Languedoc-Pézenas), Virgile Joly (AOC Languedoc) et en bordelais Château Tour des Graves (AOP) côte de bourg).

Jean-Yves Vif