Une maison de retraite pour des poules créée en Limousin

Insolite, la Haute Vienne et le bien être animal !

LA MONTAGNE ENTREPRENDRE PUBLIE LE 17/01/2018

Après la maison de retraites pour éléphants en Limousin, le département de la Haute-Vienne s'apprête à accueillir la toute première maison de retraites... pour poules ! Ce projet écolo responsable, extrêmement sérieux, verra le jour à Coussac-Bonneval.

La bonne vieille vache limousine, ce n'est décidément plus ce que c'était... A Coussac-Bonneval, en Haute-Vienne une maison de retraites d'un nouveau genre, destinée aux poules, va voir le jour très prochainement. 

Des poules généralement tuées à l'âge de 18 mois, car jugées moins productives, alors qu'elles peuvent vivre jusqu'à 6 ans en moyenne vont intégrer les lieux en mars. Et c'est la vente des oeufs qui financera la retraite des gallinacés.

« Poulehouse, l'oeuf qui ne tue pas la poule ». Voilà comment les concepteurs ont annoncé leur idée il y a quelques mois sur le site de financement participatif Kisskissbankbank.

Après avoir récolté la somme de 25.708 euros (pour un objectif de 25.000), ils viennent d'acquérir pour 230.000 euros une ancienne ferme à Coussac-Bonneval en Haute-Vienne.

Le projet qui pouvait prêter à sourire est donc bel et bien en train de se concrétiser... Fabien Souleman, Elodie Pellegrain et Sebastien Neusch, les trois associés vont accueillir un premier lot de 650 premières poules pondeuses là où, quelques années auparavant paissaient tranquillement vaches limousines et l'été dernier des ovins. Un deuxième lot de 2.500 à 3.000 poules arrivera ensuite. 

 

 

Leurs oeufs seront encore vendus

 

« Notre projet est plutôt simple : les poules pondeuses sont réformées au bout de 18 mois et envoyées à l'abattoir. Nous allons leur fournir une maison. Elles continueront à pondre et nous vendront leurs oeufs », résume Fabien Souleman.

Créée en février 2017, Poulehouse travaille d'ores et déjà avec quatre éleveurs bio en Normandie, Picardie, dans le Loiret et vend ses oeufs un euro pièce dans 150 magasins en Belgique et en France. Quand les poules de ces éleveurs auront 18 mois, elles iront se mettre au vert en Limousin.

La marque est référencée chez Biocoop et vend 10.000 à 20.000 oeufs par semaine.

Une croissance portée par des consommateurs en quête d'une démarche éthique et favorisant le bien être animal. « Les consommateurs acceptent de payer les oeufs un peu plus cher mais en connaissance de cause...» 

Pour Fabien Souleman, le grand public n'est pas forcément au courant des pratiques en matière d'élevage. « On tue les poussins mâles à la naissance pour ne garder que les futures poules pondeuses. On leur coupe ensuite le bec. On les tue à 18 mois. Nous essayons de changer tout ça.»

Dans l'annonce publiée sur kisskissbankbank, ils annoncent suivre « la mise au point d'une méthode de sexage in ovo qui permettrait de déterminer le sexe des poussins avant la naissance et d'ainsi éviter le massacre des poussins nés mâles.» Les éleveurs travaillant avec Poulehouse s'engagent également à ne pas utiliser des poules dont le bec a été coupé. 

Bientôt à l'étranger ?
Le projet Poulehouse et la marque « l'oeuf qui ne tue pas la poule » ont eu les honneurs de la presse internationale. Une télé italienne, un quotidien anglais, des blogueurs et médias russes belges et chinois ont relayé l'idée. Une idée qui pourrait bien donner naissance à des petits ! « Les gens sont sensibles à la cause animale dans de nombreux pays. On est en discussion pour exporter en Europe en 2018. Pourquoi pas, à terme, installer d’autre poule houses à l’étranger », reconnaît Fabien Sauleman.

La ferme de Pessac pourrait être ouverte au public mais seulement en partie en raison des normes sanitaires. « Nous voulons être transparents sur notre démarche» assure Fabien Sauleman.

Sur place, à Coussac-Bonneval, Elodie Pellegrain ingénieur agronome et son compagnon Thomas Degeilh venus de Toulouse s'apprêtent à aménager une partie des locaux de 1.200 m2.  

« C'est un ami au départ qui m'a parlé d'un projet "innovant dans le milieu des poules". Imaginez un peu... J'ai été plutôt étonnée. » Il n'a pas fallu longtemps pour qu'elle soit séduite.

Pour la jeune femme, Poulehouse n'est pas qu'une simple maison de retraite pour poules. « C'est même réducteur de le présenter ainsi. Nous testons ici un nouveau mode de production. Le but est que cette conduite d'élevage totalement différente devienne pérenne et soit reproductible chez d'autres éleveurs. Ce n'est pas juste un truc hippie...» sourit-elle.