Un chef bourguignon renonce à contrecœur à son étoile Michelin

Le chef, en rendant son étoile, espère attirer une clientèle plus nombreuse en baissant ses tarifs et sauver les huit emplois du restaurant. Une  excellente adresse à recommander pour encourager ce chef talentueux, courageux qui refuse de baisser les bras !

OUEST FRANCE ENTREPRISE PUBLIE LE 21 11 2017

Jérôme Brochot, dont le restaurant Le France, à Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire), est distingué par le guide Michelin depuis 2005, a décidé de renoncer à son étoile en raison de la situation économique « catastrophique » de la ville.

« Ce que je fais aujourd’hui, je ne le fais pas de gaieté de cœur, mais parce que je suis obligé de le faire. J’espère simplement que vous ne m’en tiendrez pas rigueur ». Ainsi le chef bourguignon Jérôme Brochot explique-t-il, dans un courrier adressé vendredi au directeur du célèbre guide Michelin, les raisons qui l’ont conduit à renoncer à son étoile.

« La situation économique de l’ancien bassin minier sur lequel je suis installé est catastrophique », regrette Jérôme Brochot, dont le restaurant Le France, à Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire), est distingué par le guide rouge depuis 2005.

« Je perds de l’argent, j’ai la pression des banques »

Depuis l’ouverture du restaurant en 1999, la clientèle d’affaires s’est réduite, selon le restaurateur, qui pointe les difficultés des entreprises dans une région qui poursuit sa reconversion industrielle 25 ans après la fermeture des mines.

« Je perds de l’argent, j’ai la pression des banques. C’est ça qui me fait mal, ce n’est pas la pression du Michelin. Au contraire, je suis passionné des produits et du terroir », a expliqué M. Brochot.

« Une cuisine moins sophistiquée »

Le chef, en rendant son étoile, espère attirer une clientèle plus nombreuse en baissant ses tarifs et sauver les huit emplois du restaurant.

« Avec une cuisine moins sophistiquée mais toujours avec des bons produits », qui pourrait peut-être valoir « un bibendum rouge l’an prochain » de la part du guide Michelin, pour le rapport qualité-prix, estime le restaurateur.

 Jérôme Brochot compte aussi sur un deuxième restaurant qu’il a ouvert à Dijon, L’Impressionniste, où « les affaires marchent bien » et où il n’exclut pas « de reconquérir un jour cette étoile ».