Passée par des hôtels de luxe, une pâtissière auvergnate distille ses secrets sur sa chaîne Youtube

Génération numérique et gourmande !

LA MONTAGNE ENTREPRENDRE LE 03/01/2018 - Article de Pierre Peyret

 

A 26 ans, c'est sur internet que Muriel Aublet-Cuvelier entend développer sa carrière de pâtissière. Diplômée de l'école nationale supérieure de pâtisserie d'Yssingeaux, cette Clermontoise, passée par le Peninsula et l'émission "Le meilleur pâtissier, les professionnels", vient de lancer sa chaîne sur Youtube. Elle recherche des financements.

Et dire qu'il y a peu, elle se considérait encore comme « une fille de laboratoire », plus habituée à opérer dans les coulisses d'un labo de pâtisserie de grands hôtels que face caméra, à dévoiler recettes et astuces de pro. 

A 26 ans seulement, Muriel Aublet-Cuvelier, Clermontoise d'origine, a déjà multiplié bon nombre d'expériences professionnelles. En France, comme à l'étranger, où elle a notamment officié pendant un an et demi à Montréal. «  J'ai beaucoup appris là-bas. Les produits sont différents. Il a fallu retravailler les recettes. » 

Les secrets de Muriel, la chaîne Youtube de cette jeune pâtissière clermontoise passée par le Peninsula.

Depuis quelques mois, après son passage sur l'émission de M6 « Le meilleur pâtissier, les professionnels », elle s'est lancée dans une nouvelle aventure. Mais sur internet cette fois. En créant sa chaîne Youtube intitulée Les Secrets de Muriel.

 
Une chaîne vidéo en forme de défi pour celle qui est sortie avec sa mention "très bien" sous les bras de l'Ecole nationale supérieure de pâtisserie (ENPP) d'Yssingeaux, en Haute-Loire. 

 « Ca reste une expérience inoubliable. L'école permet de rencontrer des meilleurs ouvriers de France ou des champions du monde »

MURIEL AUBLET-CUVELIER (à propos de l'ENPP d'Yssingeaux)

L'ENPP, où elle officiera aussi en tant qu'assistante de stage, lui ouvrira d'autres laboratoires. Et notamment, à son retour en mai 2015 de son exil québécois, de celui de l'hôtel de luxe cinq étoiles qu'est le Peninsula, à Paris, où elle vit toujours.

Sur place, « la première année avec le chef Julien Alvarez y est exceptionnelle ». Son évolution rapide. Entrée en tant que commis, elle en ressort, deux ans plus tard, comme chef de partie. Mais aussi sacrément « abîmée » par les moeurs de la profession, dû pour partie à un nouveau chef et à « un management agressif. »

« J'en suis sortie abîmée »

Ce constat, elle le dressera alors qu'elle postule auprès d'un hôtel de luxe concurrent. « J'ai réalisé que j'attendais que l'on m'appelle pour m'annoncer que je n'étais pas prise ».

Une prise de conscience qui la conduit  à se lancer dans cette aventure numérique. « Un vrai saut dans l'inconnu. » Tout un univers est alors à découvrir. D'autant qu'elle assimile surtout ce milieu des vidéos en ligne au monde amateur. 

« Je croyais que ce n'était pas quelque chose de bien vu par la profession. Que c'était un peu folklo. Mais quand j'en ai parlé au chef du Ritz, il m'a dit de ne pas hésiter et de le faire. »

MURIEL AUBLET-CUVELIER (Questions sur les miracles)

Selon elle, un créneau est à prendre. « Au final, les quelques professionnels qui y sont présents ont déjà une renommée. Moi j'ai envie de faire quelque chose de plus vivant, de plus léger », assure-t-elle.

Avec un objectif bien en tête : « amener les gens vers des produits de qualité, des aliments sains, une consommation responsable et promouvoir les agriculteurs et producteurs. »

A la recherche de financements

Sur sa chaîne, mais aussi sur sa page Facebook ou son compte Instagram, Muriel propose des recettes simples et distille avec bienvaillance les astuces comme si elle s'adressait à un commis en quelque sorte sourit-elle. « Je prends un énorme plaisir à faire ça. Je reprends confiance. »

Pour le moment, une demi-douzaine de vidéos (elle alterne entre recettes et astuces) sont visionnables, au rythme d'une semaine. Les débuts semblent plutôt encourageants. Elle compte aujourd'hui plus de 1.000. Un total qui devrait lui permettre, espère-t-elle, « d'obtenir des avantages auprès de Youtube, comme l'accès à des studios ».

La barre des 10.000 vues par vidéos lui permettrait de monétiser ses réalisations. Avant d'atteindre ce stade, elle continue d'officier à l'Atelier des chefs, où elle conseille des amateurs, un peu comme dans ses vidéos.

Pour le moment, si elle bénéficie du soutien de certains sponsors – « et pourquoi pas voir des Auvergnats », elle recherche des financements afin de sceller des accords avec une équipe de tournage. 

Pierre Peyret