Pacte national pour chasser les emballages plastique

 

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Objectif fixé: Atteindre les 60 % d’emballages recyclés en 2022

20 MINUTES.FR - Par Fabrice Pouliquen - Publié le 21/02/19

Un grand pacte national pour chasser les emballages plastique inutiles dans les rayons

POLLUTION PLASTIQUE Des acteurs de poids de la grande distribution et de l’agroalimentaire signent ce jeudi matin, avec des ONG et le ministère de la Transition écologique, un pacte national visant à sortir de la logique « fabriquer, consommer, jeter » sur les emballages plastiques


    Treize grandes entreprises de la grande distribution et de l’agroalimentaire signent ce jeudi, au ministère de la Transition écologique et solidaire, le pacte national sur les emballages plastiques.


    Les signataires s’engagent à atteindre 60 % d’emballages plastiques effectivement recyclés d’ici 2022 et concevoir les emballages de façon à les rendre réutilisables, recyclables ou compostables à 100 % d’ici 2025


    Pour les ONG, WWF France et Tara expéditions, ce pacte engage les signataires bien au-delà de leurs obligations légales.
 

Un tiers de la matière plastique produite chaque année sert comme emballage pour le conditionnement, le transport et la protection des produits que nous consommons au quotidien. Mais ce tiers-là représente près de 60 % du plastique retrouvé dans la nature et les océans. « Il n’y a aucun doute là-dessus, lutter contre cette pollution nécessitera forcément de se pencher sur les pratiques de la grande distribution », lance alors André Abreu, responsable plaidoyer et politiques internationales à la  fondation Tara Expéditions.

Atteindre les 60 % d’emballages recyclés en 2022

C’est l’ambition du pacte national sur les emballages plastiques qui sera signé ce jeudi matin au ministère de la Transition écologique. Autour de la table, la secrétaire d’État Brune Poirson, qui a piloté la Feuille de route sur l’économie circulaire présentée en avril dernier, treize entreprises, mais aussi les ONG WWF France et Tara expéditions qui devront, entre autres missions, suivre les engagements pris.

Après plusieurs mois de discussions, ces différents acteurs s’engagent, à travers ce pacte, à repenser collectivement l’utilisation qu’ils font du plastique. A savoir, sortir d’un modèle linéaire (fabriquer, consommer, jeter ces emballages plastique) pour aller vers une économie circulaire du plastique. Ce pacte s’articule autour de six grands engagements. Celui notamment d’atteindre collectivement 60 % d’emballages plastique effectivement recyclés d’ici 2022 et de concevoir les emballages de façon à les rendre réutilisables, recyclables ou compostables à 100 % d’ici 2025. Les signataires du pacte commenceront par établir une liste des emballages devant être désignés comme problématiques ou inutiles et pour lesquels des mesures pour leur élimination devront être prises.

Une initiative qui sort de l’ordinaire ?

On retrouve parmi les entreprises signataires des acteurs de poids de la grande distribution (Système-U, Auchan Retail France, Casino, Carrefour, Monoprix, etc.) et de l’agroalimentaire (Unilever, Coca-Cola Europena Partners, Danone, Nestlé France). Rien ne permet de dire encore que ces engagements seront tenus. « Mais pour une fois, cette initiative vise à transformer concrètement les pratiques de ces acteurs et non pas à financer des nettoyages de plage et autres opérations qui reportent plus ou moins la responsabilité de la pollution plastique sur les consommateurs », note déjà André Abreu.

« Ce pacte engage aussi ces entreprises bien au-delà de leurs obligations légales, ajoute Pascal Canfin, directeur général de WWF France. Un exemple : à ce jour, lorsqu’un industriel met sur le marché un nouveau produit emballé, rien ne lui impose de s’assurer que l’emballage conçu soit recyclable ou réutilisable. Les entreprises signataires s’engagent désormais à le faire. »

Faire la chasse aux plastiques inutiles et problématiques

Avant même de parler de futurs emballages, WWF France et la Fondation Tara expéditions attendent déjà beaucoup de cette liste des emballages problématiques et inutiles que devront établir les entreprises signataires. L’occasion d’une première chasse aux plastiques superflus et aux incohérences. « Les emballages plastiques de basse densité sont le grand ennemi, ceux qu’on retrouve le plus dans les océans, indique André Abreu. Et il y en a encore beaucoup dans les rayons. C’est par exemple le sachet plastique qui emballe une poignée de bonbons et lui-même emballé dans un autre sachet plastique… Pareil pour les sacs plastique à usage unique. Ils sont censés être interdit en France depuis 2016. Bien souvent, les grandes surfaces les ont juste remplacés par des sacs plastique un peu plus épais et considérés comme réutilisables. Le problème est loin d’être derrière nous. »

Pascal Canfin cite aussi la problématique du bio dans les grands magasins. « Bien souvent, pour assurer la traçabilité du produit, vous trouverez votre pomme bio sous emballage plastique, tandis que celle non bio est présentée en vrac, regrette-t-il. Il doit tout de même être possible d’assurer la provenance d’un produit en se passant de plastique, ou en réduisant au maximum les emballages. »

Plein d’idées à trouver…

C’est une autre promesse de ce pacte national. « Mettre autour de la table des acteurs de différents horizons pour plancher sur des solutions permettant de réduire le recours aux emballages plastique », poursuit le directeur général de WWF.

Ce pacte national esquisse déjà certaines pistes. Celui de développer le vrac, d’emballer les produits à la coupe libre-service [comme le fromage] dans du carton recyclé et recyclable et non plus dans des barquettes polystyrènes, celui d’éliminer le PVC des emballages ménagers, commerciaux et industriels d’ici 2022, de développer le principe de consignes… WWF France pousse aussi l’idée du « refill » [« recharge »], système qui permettrait aux consommateurs d’éviter d’acheter des bouteilles de leur boisson favorite mais de se la procurer à la fontaine avec leur propre contenant. « La restauration rapide le fait déjà, rappelle Pascal Canfin. Si avec le « refill », on permet qu’une bouteille ne serve pas seulement une fois, nous aurons déjà beaucoup gagné. »