le Massif Central, c'est 1/3 de la prairie nationale !

Découvrez les enjeux 2018 de ce grand espace rural...

LA MONTAGNE ENTREPRENDRE Publié le 02/01/2018 - Article de Dominique Diogon

Perspectives

2018 sera une année charnière pour l'agriculture du Massif central

Avec la mise en œuvre des nouvelles règles issues des États généraux de l’alimentation et le lancement de la réforme de la Politique agricole commune, 2018 s’annonce comme une année charnière pour l’agriculture du Massif central. Un secteur également confronté au défi d’une meilleure valorisation de son élevage à l’herbe.

Les agapes des fêtes de fin d’année sont à peine terminées que le secteur agricole s’attaque à un menu copieux pour 2018. Si 2017 a vu plusieurs productions sortir du rouge, comme le porc mais aussi le lait à l’automne, d’autres restent en souffrance et l’année qui débute s’annonce cruciale pour les agriculteurs.

Les Etats généraux de l'alimentation

Le premier dossier concerne la mise en œuvre des recommandations des États généraux de l’alimentation (EGA). Le projet de loi visant à  une meilleure répartition de la valeur entre les différents maillons des filières devrait être discuté dès la reprise de la session parlementaire, le 15 janvier.

Un rendez-vous attendu avec impatience par le Cantalien Patrick Bénézit, secrétaire général adjoint de la FNSEA et référent national pour les EGA : « C’est un changement de cap majeur et historique. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, on considérait que les prix devaient être les plus bas possibles.
Pour la première fois, les coûts de production seront intégrés dans toute la chaîne contractuelle. Le but sera aussi de stopper la guerre des prix en limitant les promos et en relevant le seuil de vente à perte. »

Optimiste, le président de la FRSEA Massif central reste prudent : « Est-ce que cela suffira ? Je n’ai pas la réponse. Une chose est sûre. Nous continuerons tant que la réalité du prix ne sera pas palpable dans les cours de ferme. »

Réforme de la PAC

Le deuxième dossier majeur de 2018 touche à la réforme de la Politique agricole commune (PAC) post 2020. Entre le Brexit, qui va laisser un gros trou financier dans les finances de l’Union européenne, et la montée en puissance de nouvelles problématiques comme celle de la défense et de la migration, la baisse du budget alloué à la PAC pourrait osciller entre 15 et 30 % pour la période 2021-2027.

« Le commissaire Hogan devrait rendre publiques ses propositions législatives mi-2018. Nous veillerons à ce que celles-ci soient bien adaptées aux exploitations du Massif central, explique Léa Geneix, chargée de mission au Sidam (Service interdépartemental pour l’animation du Massif central). La première bataille sera celle du budget. Nous avons beaucoup d’inquiétudes et aucune certitude. »

 Si les évolutions de la PAC conditionnent, en partie, l’avenir de l’agriculture de la plus grande prairie d’Europe, un autre dossier est peut-être au moins aussi important : la valorisation et de la différenciation des produits issus de son élevage herbager extensif.

Sur le modèle du label irlandais, « Green origin », le Sidam a lancé voilà plus d’un an un projet baptisé Valomac qui vise à créer une marque ombrelle pour faire la promotion des viandes du Massif central.

« Nous sommes entrés dans l’étape de la construction d’un identifiant et de l’élaboration d’un cahier des charges, dévoile Elsa Bonsaquet, chargée de mission. Nous voulons nous positionner sur du cœur de gamme amélioré afin de générer une plus-value intéressante pour le producteur et le transformateur tout en touchant un large public. Nous espérons lancer la marque lors du Sommet de l’élevage. »

Les chiffres clés de l'agriculture dans le Massif central 

Massif centralLa plus grande prairie d’Europe. 85 000 km2, aussi vaste que l’Irlande, 4,1 millions d’hectares de SAU (surface agricole utile), dont 85 % de surfaces fourragères, 60 % de surfaces toujours en herbe. Ce qui fait qu’à lui seul, le Massif central représente le tiers de la prairie nationale.

EauLe Massif central mérite son surnom de château d’eau de la France puisque qu’il représente un tiers des sources françaises et même 50 % des eaux minérales produites dans l’Hexagone (Volvic, Rozana, Saint-Yorre, Salvetat, etc.).

Territoire difficileL’agriculture du Massif central présente la particularité d’avoir 60 % de son territoire en zone de montagne et 95 % de ses communes en zone défavorisée qui ouvre la voie aux ICHN (Indemnités compensatoires de handicaps naturels) dont l’avenir est un enjeu central de la réforme de la PAC (Politique agricole commune) qui commencera à prendre forme cette année.

Secteur cléAvec 125.000 actifs agricoles familiaux, 9.000 salariés agricoles permanents et 40.000 salariés dans les industries agroalimentaires, le secteur agricole est vital pour la vie économique d’une zone qui souffre sur le plan démographique. Le développement de l’agriculture revêt donc un enjeu majeur d’occupation du territoire national.

L’élevage roi.Avec 85 % des exploitations en élevage herbivore, dont 37 % des élevages orientés bovins viande, 19 % bovins lait, 6 % bovins mixtes et 11 % ovins caprins, le Massif central est une terre d’élevage par excellence. Avec la montée en puissance de nouvelles attentes sociétales autour de l’environnement, du bien-être animal et de la qualité des produits, son modèle d’élevage herbager extensif possède de solides atouts pour se démarquer des productions standards.

Dominique Diogon