La filière pomme du Limousin s'engage à protéger les riverains de la dérive des pesticides

Un bon accord  vaut mieux qu'un long et mauvais procès...

LA MONTAGNE ENTREPRENDRE - Publié le 22/03/2017 par Frédéric Rabiller

 

Protéger les riverains de la dérive des pesticides tout en préservant le potentiel de production de la filière pomme du Limousin : ce sont les objectifs de la charte de bonne conduite signée lundi à Lubersac (Corrèze).

Elle se veut la charte de la conciliation, de l’apaisement.
Lundi soir à Lubersac, en Corrèze, les professionnels de la filière pomme du Limousin, des représentants d’associations environnementales et les associations des maires de la Corrèze et de la Haute-Vienne ont signé la charte « pour une arboriculture pomme du Limousin mieux intégrée à son environnement ».

« C’est un vrai soulagement d’entériner ce travail qui a été soutenu à l’unanimité des représentants des coopératives », a souligné Laurent Rougerie, le président du syndicat de défense de la pomme du Limousin. Une satisfaction partagée par Laurent Reyrolles, le président de l’association Allassac ONGF pour qui « cette charte est la reconnaissance de la problématique de la santé des riverains liée à l’exposition aux pesticides ».

La maîtrise des risques liés à l’utilisation et à la dérive des produits phytosanitaires, particulièrement à proximité des lieux habités et des zones sensibles.

Cette signature marque l’aboutissement d’un long travail de concertation initié en 2015 par les producteurs et les riverains sous l’égide de l’État.
Entre destructions de plants de pommiers et non respect de la réglementation en matière d’épandage, les tensions étaient vives ces dernières années autour des vergers corréziens entre arboriculteurs et riverains.

Bertrand Gaume, préfet de la Corrèze, s’est félicité que chaque partie ait pu se réunir autour d’une table pour trouver des solutions. « Un choix courageux » qui a débouché sur la rédaction d’une charte qui a comme objectifs « la maîtrise des risques liés à l’utilisation et à la dérive des produits phytosanitaires, particulièrement à proximité des lieux habités et des zones sensibles » tout en garantissant le potentiel de production des pomiculteurs, une filière qui représente sur l’aire géographique AOP 2.000 emplois directs et 2.000 emplois induits.

Concrètement, les producteurs s’engagent à adapter leurs méthodes de travail (prendre connaissance des données météorologiques et de la force du vent avant tout traitement, maintenir ou développer les méthodes de biocontrôle, de désherbage mécanique…), à aménager correctement les vergers (plantation de haies à double rang, pose de filets anti-dérive…).

La présence lors de cette signature des présidents des conseils généraux de la Corrèze, Pascal Coste, de la Haute-Vienne, Jean-Claude Leblois, et de la Dordogne, Germinal Peiro, ainsi que de Daniel Boisserie, député-maire de Saint-Yrieix, témoigne de l’importance de cette démarche. « Cette charte va dans le sens de la réduction des pesticides » pour Germinal Peiro?; « elle permettra de recréer un lien de confiance entre producteurs et consommateurs » selon Jean-Claude Leblois. Quant à Pascal Coste, il a souligné « l’attitude responsable de chacun dans cette démarche ».

Présent également à Lubersac, Daniel Sauvaitre, président de l’association nationale pommes-poires, a affirmé que « cette charte sera incluse dans la charte qualité des pomiculteurs de France et qu’elle pourrait servir dans d’autres régions et pour d’autres productions ».
Si cette charte ne va pas régler tous les problèmes, elle a le mérite selon les acteurs de la démarche de ramener une certaine paix dans les campagnes.

Les signataires. Limdor, Meylim, AOP pomme du Limousin, Perlim (Sica du Roseix et Cooplim), Pom’padour, Allassac ONGF, AMLP (Alerte des médecins sur les pesticides), Phyto-victimes et les associations des maires de Corrèze et de Haute-Vienne.

Frédéric Rabiller