Dioxyde de titane

 

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E171 ? ... Vous avez tiré le mauvais numéro !

ALIMENTATION GENERALE - Article de Pierre HYVERNAT du 20-01-19

Dioxyde de titane

Aujourd’hui, quelques jours après que Julie Gayet et Jamel Debbouze aient fait analyser leur pipi quasi en direct chez nos confères d’Envoyé Spécial afin de montrer leur perméabilité au glyphosate, je voudrais vous parler d’un autre intrus possible dans nos corps de consommateurs : le dioxyde de titane, plus connu sous son petit nom : E171.

Je rassure tout de suite nos auditeurs qui n’ont guère envie de changer leur menu du dimanche à cause d’une chronique anxiogène, je souhaite seulement prendre cet exemple pour illustrer ce que peut bien vouloir dire, aujourd’hui, en matière d’alimentation, le principe de précaution.

Rappelons pour commencer qu’avant 1961, aucune étiquette ne comportait quel que « E » que ce soit. Mais l’industrie alimentaire voulant conserver les aliments toujours plus longtemps et faire briller ses produits, s’est mise à tâter sérieusement de la chimie. Et notre E171 qui permet notamment de blanchir, d’opacifier et de faire briller des préparations, s’avère parfait pour l’enrobage des bonbons, de la plupart des chewing-gums, mais aussi pour faire de jolis gâteaux, soupes ou glaces. Bref, difficile de ne pas en consommer une fois dans la journée. L’ennui, c’est que sous forme de nanoparticules, la chose se dissémine on ne sait trop comment et qu’en 2006, le Centre international de recherche sur le cancer a classé notre E171 comme « cancérigène possible pour l’homme » lorsqu’il est inhalé. Alors, on s’inquiète ? Aucune raison, puisque, s’agissant d’inhalation, le danger ne concerne que les employés des sites de production.

Et puis, plus de dix ans plus tard,  l’Institut national de la recherche agronomique montre que, ingérée, cette substance favoriserait la croissance des cellules précancéreuses du côlon. Alors, on s’inquiète ? Toujours pas ! Car c’est une étude sur les rats et rien ne montre que les résultats sont vraiment transposables sur l’humain.

L’étude est transmise à un troisième organisme, cette fois-ci européen et qui décide de tout : l’Autorité européenne de la sécurité des aliments qui estime que l’étude remise par la France ne remet pas en cause sa propre évaluation de 2016 et que la seule urgence est de… commander une nouvelle étude !

Mais, le pouvoir politique ou judiciaire, comme on vient de le voir pour le glyphosate, ne peut-il pas faire jouer à ce moment là le principe de précaution et suspendre l’utilisation de cet additif ?

Et bien, s’agissant du E171, et ç’est tout l’intérêt de cette histoire, le très bon score de Bruno Le Maire à l’épreuve de rétropédalage, est le signe d’un réel changement dans l’appréhension de ce type de problème. Car notre Ministre s’est dans un premier temps assis sur la loi sur l’alimentation votée en novembre dernier qui prévoit bien la suppression du E171. Et pour se justifier, il a repris ses classiques : les scientifiques n’ayant rien prouvé formellement, il est urgent d’attendre qu’ils achèvent leurs travaux et même, tiens, pourquoi pas ? On va commander une étude à un autre organisme. Bien sûr, les ONG se sont mobilisées aux côtés des parlementaires et il n’a pas fallu plus de 48 heures à Bruno Le Maire pour revoir sa copie et signer l’arrêté d’interdiction.

Mais la véritable nouveauté me semble-t-il est ailleurs et elle a pour nom Carambar, Malabar, Haribo, Carrefour, Super U, Leclerc, Picard, William Saurin qui tous, ont précédé cette décision en enlevant depuis plusieurs mois le E171 de leurs produits et de leurs linéaires parce que le patron, c’est plus le Ministre, mais le consommateur !