Des vins immergés un an dans le lac Pavin

C'est à la fois une expérience œnologique, une opération de communication et une action pour la bonne cause : durant un an, du vin a été immergé dans le lac Pavin, dans le Puy-de-Dôme. Verdict à la dégustation ?

LA MONTAGNE ENTREPRENDRE Publié le 10/11/2017

Des vins immergés un an dans le lac Pavin dégustés à Clerlande (Puy-de-Dôme)

C’est à la fois une expérience œnologique, une opération de communication et une action pour la bonne cause : durant un an, du vin a été immergé dans le lac Pavin, dans le Puy-de-Dôme. Verdict à la dégustation ?

 «On a beaucoup de fraîcheur et de jeunesse… On a vraiment l'impression de ne pas être sur le même millésime ! » Verres à la main, et en présence de plusieurs sommeliers et cavistes de la région, mardi à Clerlande, l'œnologue Thierry Imbert commente la dégustation d'un Bourrassol, un vin rouge AOC Châteaugay, cru 2015, produit par le vigneron riomois Benoît Montel.

Dans un premier verre, le Bourrassol mis en bouteille. Dans le second, ce même vin conservé dans une barrique de 225 litres immergée dans le lac Pavin, durant 379 jours.

« Habituellement, on utilise des bouteilles mais là, on voulait tester la barrique. On n'était pas serein car on craignait que l'eau passe dans la barrique, sourit Benoît Montel. Mais on a fait des analyses en laboratoire avant de le boire : rien n'a bougé ! »

Protégé par les vingt mètres de profondeur

 

Et même mieux : épargné à vingt mètres de profondeur par les changements de température et l'oxygénation, « le vin a très peu évolué pendant l'immersion, poursuit Thierry Imbert, responsable de la cave chez l'enseigne Métro à Clermont.

Ce qui est bluffant, c'est la couleur : on a l'impression de ne pas avoir le même vin. Le vin immergé a gardé des nuances très rouge, violacées. Aromatiquement aussi, on est davantage sur le côté primaire du vin, sur les fruits. Et en bouche, il paraît plus jeune, il a plus de peps. » Thierry Imbert ne le cache pas : il a préféré le Bourrassol immergé. « Un lac, c'est la cave idéale, quand on ne veut pas qu'un vin vieillisse : le vin est comme quand on l'achète », relève-t-il.

C'est la cinquième fois que cette drôle d'expérience est menée par le club œnologique des Papilles de Clerlande. Et d'année en année, l'enseignement se confirme : l'immersion dans un lac ralentit le vieillissement du vin. Mais l'intérêt n'est pas seulement œnologique. Les bouteilles immergées vont désormais être vendues au profit d'Acte Auvergne, qui œuvre pour les enfants atteints de cancer ou de leucémies en Auvergne.

« C'est une expérimentation pour la bonne cause », souligne Franck Gregoris, président des Papilles de Clerlande. Quelque 250 bouteilles seront ainsi vendues (35 € l'unité) lors du salon des vins de Clerlande, les 17, 18 et 19 novembre. L'an passé, 2.500 € avaient pu être remis à Acte Auvergne.