Démence: les buveurs modérés moins touchés que les abstinents

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Si l'abus d'alcool est mauvais pour la santé, une consommation modérée peut être bonne...

MSN ACTUALITE - HS avec AFP © John Sommers II / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP Un rayon spiritueux - Image d'illustrationEn revanche, l'abus d'alcool au-delà des recommandations sanitaires augmente les risques de perte de capacités cognitives. 

Les buveurs modérés d’alcool sont moins touchés par la démence sénile que les abstinents, selon les récents résultats d'une étude britannique publiée par la revue BMJ. Les travaux portent sur 9087 fonctionnaires nés entre 1930 et 1950, qui ont participé à une étude entre 1985 et 1993 puis ont été suivis pendant 23 ans en moyenne. Les résultats mettent en relief un point important: ceux qui, entre la trentaine et la cinquantaine, déclaraient ne jamais boire d'alcool ont finalement couru un risque 47% plus élevé d'être atteints par la maladie, par rapport à ceux qui buvaient de l'alcool en restant sous la limite maximale recommandée (1 à 14 unités d'alcool par semaine).

En revanche, ces travaux ne sont pas un appel à la consommation puisque ceux qui buvaient plus que la limite recommandée avaient un risque encore plus élevé de souffrir de cette perte des capacités cognitives.

D'autres risques pour la santé

L'étude, qui fait une observation statistique, n'établit pas de lien de cause à effet. Et surtout, "en aucun cas, les résultats observés chez les abstinents ne doivent encourager les personnes ne buvant pas à commencer à boire de l'alcool", a affirmé l'auteur principale, Séverine Sabia (Institut national de la santé et la recherche médicale).

En effet, l'alcool provoque de nombreux risques pour la santé, depuis les troubles liés à la dépendance jusqu'au cancer, en passant par la cirrhose ou les maladies cardiovasculaires. Les chercheurs notent que parmi ces Britanniques, les buveurs modérés consommaient du vin en plus grande proportion, tandis que les grands buveurs étaient plus portés sur la bière.

"Interprété avec prudence"

D'autres chercheurs avaient déjà associé la consommation modérée de vin à une meilleure santé, en supposant que certains de ses composants organiques, les polyphénols, étaient bénéfiques pour le système nerveux ou cardiovasculaire. Mais ces résultats restent controversés.

Tout ce qui concerne les abstinents à l'alcool "doit être interprété avec prudence, car cela a des chances de renvoyer à d'autres problèmes de santé et à des différences culturelles", a commenté un chercheur en gériatrie qui n'a pas participé à l'étude, Clive Ballard (université d'Exeter), cité par Science Media Centre, dont les propos sont repris par l’AFP.

La démence touche 5 à 8% des plus de 60 ans dans le monde, soit 50 millions de personnes, d'après l'Organisation mondiale de la santé.