Comment fonctionne le drive fermier


Si vous partagez les valeurs du mouvement Ter Avenue pour « bien manger » et « soutenir les meilleurs producteurs »

engagez-vous et participez gratuitement en vous inscrivant sur le site en cliquant ICI

 


S'organiser pour vendre en direct!, encore une belle initiative qui marche

LA MONTAGNE - Publié le 17/03/2019 - Article de Virginie Mayet

Circuit court - De la ferme à la vente : comment fonctionne le drive fermier de Chambon-sur-Voueize (Creuse)

Nous avons suivi Carole et Damion Gibert, éleveurs à Reterre, l'un des couples de paysans fondateurs du drive fermier de Chambon-sur-Voueize (Creuse) « A vendredi ! Le drive des producteurs locaux » qui cartonne.

1. Récupérer les commandes

Les quinze producteurs du drive fermier ont investi dans un site Internet qui permet de présenter aux consommateurs chacun d'entre eux et de passer commande jusqu'au mercredi soir. Le jeudi, Carole n'a plus qu'à imprimer la liste pour préparer les commandes. Mais tout ne s'est pas fait en un jour.

"Au début de l'aventure, fin 2013, on était coincé avec des fichiers XL", se souvient Carole Gibert. Aujourd'hui, le site lui permet aussi de jeter un coup d'oeil chaque jour pour voir si elle doit se remettre à produire des fromages. " Je veille à ne manquer de rien car nous avons aussi plusieurs marchés dans la semaine."

2. Produire de nouveaux fromages

Le couple élève des chèvres et des brebis à Reterre. Pour répondre au succès du drive et gérer le stock car tout part en vente directe, ça demande pas mal d'organisation. Damien gère plutôt les animaux. Carole, la fabrication dans son laboratoire. "Je suis d'autant plus vigilante que notre gamme de produits est assez variée."

Damien se retourne pour préciser que sa femme est plutôt "du genre hyperactive, avec mille idées dans la tête." Depuis avril 2018 Carole réalise des yaourts de brebis et de chèvres. " C'est long à faire mais il y a de la demande ! "

3.Imprimer les étiquettes

Si aujourd'hui, l'ogranisation du couple est une machine bien huilée, ça n'a pas toujours été le cas. " On écrivait au feutre au début mais il y a eu quelques erreurs de distribution. C'est pourquoi j'ai opté pour les étiquettes. C'est d'autant plus utile que nous devons désormais préparer les commandes pour trois points de vente : Chambon-sur-Voueize où les producteurs louent un petit local, Mainsat dans la ferme de Louis et Christine Verduijn et désormais à Jarnages, à l'Alzire.

"Chaque année, le nombre de clients ne cesse de progresser. Après 25% de hausse l'an passé, l'année 2018 est un millésime exceptionnel avec un chiffre d'affaires en hausse de 45%.

4. Emballer dans les glacières

Vers 11 h, 11 h 30, le ballet de Carole et Damien débute. Il faut aller chercher les fromages frais, leur ajouter les herbes, emballer chaque bûche et préparer chaque commande. Tout est placé dans des glacières, achetées en commun avec les autres producteurs.

"On est obligé de jouer à Tetris pour que rien ne soit écrasé ", confie Damien qui a choisi de proposer de gros pots pour vendre ses yaourts tout en respectant l'environnement. Le couple termine l'opération vers 13 h30. La marchandise attendra dans les chambres froides, le temps de manger tranquillement en famille. Parfois, les producteurs covoiturent ensemble lorsqu'ils sont voisins.

5. Décharger à Chambon-sur-Voueize

Les glacières sont ensuite chargées dans la camionnette. Et cap sur Chambon-sur-Voueize, à une quinzaine de kilomètres. Carole se gare derrière la médiathèque. Sur place, elle décharge illico. D'autres utilitaires entrent dans la danse.

Tout le monde descend et c'est un véritable ballet de glacières, de légumes et de produits qui commence. Dans la petite salle, une odeur de pain chaud se dégage déjà. Il faut que tout soit prêt pour les premiers clients.

« j’ai comparé. J’achète même mes oeufs moins cher qu’au supermarché ! »

Le maraîcher de Mainsat, Louis Verduijn récupère les cageots de ses amis et un quart d'heure après il est déjà reparti chez lui pour accueillir les clients de ce point de vente.

6. Vente dans le local

Les producteurs se relaient, à raison d'une permanence par mois, en moyenne. Carole était là la semaine dernière. Ce vendredi elle laisse la place à Virginie et Etienne. Cette démarche a permis au couple d'atteindre une clientèle d'actifs qu'ils ne voyaient pas sur leurs marchés.

"Le drive fermier nous remplace un marché, résume Damien Gibert. Il nous a permis d’arrêter celui du samedi. Ce qui nous laisse plus de temps pour profiter de nos trois enfants."