Cinquante nuances "d'agris"

 

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Quand les témoins témoignent de leur vie d'agriculteurs...

LA MONTAGNE - Le 20/02/2019 par Marie-Edwige Hebrard Photos : Christian Stavel

Cinquante nuances "d'agris" révélées dans une exposition photographique à Aurillac

Parler de leur métier de façon positive. Et proposer un angle pour les voir autrement… Dix-neuf agriculteurs cantaliens ont accepté de prendre la pose et de lever le voile sur leur profession, leur quotidien. Sans filtre. Une série de clichés photographiques se fait le reflet de la grande diversité de l'agriculture, telle qu'elle se vit dans le Cantal, en particulier. Loin des clichés et des idées reçues, surtout ! Ça va mieux en le disant est à découvrir dans l'atrium du conseil départemental, à Aurillac, jusqu'au 1er mars.

C’est un travail de l’ombre qui a pour but de mettre en lumière. Après tout, les nuances, les contrastes, les bains révélateurs, ça le connaît?! Le photographe aurillacois Pierre Soissons a peut-être plus l’habitude des panoramas et des paysages… Mais là, il est allé à la rencontre de ceux qui les font, qui les façonnent : les agriculteurs. Au final, une série de portraits qui mettent en lumière le monde agricole tel qu’il se vit et non pas tel que les autres le perçoivent.

Le point de départ

Interpellés et séduits par une exposition de photos consacrées aux chefs d’entreprises du Cantal, aux Écuries, à Aurillac, les agriculteurs du Groupe de valorisation agricole (GVA) Aurillac-Châtaigneraie voient dans cette initiative originale et décalée une belle façon de faire parler d’eux. « On s’est dit pourquoi pas ! », souligne Bernard Lacoste, éleveur allaitant, président du Groupement de développement agricole de Maurs. Lui et d'autres de ses confrères agriculteurs se mettent en relation avec Pierre Soissons, pointure de la photographie cantalienne et bien au-delà. Le projet fait tilt, chez le photographe.

L’appareil photo en bandoulière, Laurence Adnet et son stylo, à ses côtés, Pierre Soissons est allé rencontrer dix-neuf paysans cantaliens du GVA Aurillac-Châtaigneraie. Avec l’intention de parler vrai, de montrer juste : de faire voir les agriculteurs d’aujourd’hui, sans les a priori d’hier. Sans perceptions obsolètes ni représentations éculées mais, au contraire, pour peut-être mieux les cerner demain et les jours d’après.

C’était génial : ce sont des endroits où on ne va pas forcément souvent. Là, ils nous ont ouvert les portes, franchement, avec gentillesse et l’envie de parler d’eux. Pierre Soissons

Juste une mise au point !

Premier a priori à tomber : ceux qu’on dit taiseux, taciturnes, s’avèrent tout à fait loquaces et très partants pour évoquer leur vie, leurs réalités. Ce qui les enthousiasme. Ce qui les contraint. Mais surtout ils traduisent toute l'envie et l'amour qu'ils mettent dans leur profession.

Ils avaient plein de choses à dire. Je pense que la plupart en ont surtout assez qu’on parle à leur place et qu’on se fasse des idées, des perceptions souvent à côté de la plaque, à propos de leur quotidien. Laurence Adnet (qui a signé les textes de l'exposition)

Des exemples d'agriculteurs épanouis dans leur profession, novateurs dans leur domaine, ravis de leur vie dans le Cantal ? Ils en trouvent ! A la pelle. Et les confessions se font, sans tarder.

Une « diversité incroyable »

Partis à leur rencontre de mars à novembre « pour saisir toutes les saisons, pour montrer toute la diversité du territoire et de ces métiers », ils font mieux connaissance avec éleveurs allaitants, éleveuse de chèvres, producteur de bois, etc. Avec, à chaque fois, une idée précise : les saisir dans leur univers.
Deuxième a priori qui dégringole : « Il y avait une diversité incroyable entre eux tous?! Leurs professions, déjà, étaient différentes de l’un à l’autre, selon s’ils étaient cultivateurs, éleveurs, s’ils produisaient du bois ou des pommes de terre. Mais leurs exploitations aussi : des traditionnelles, aux plus modernes. On a vu de tout?! », réalisent le photographe et l’autrice.

Certains ont repris des exploitations séculaires, travaillent toujours comme travaillaient leur père et leur grand-père. D'autres, au contraire, sont ultra-connectés et regardent, confiants, la modernité entrer dans les étables et autour des engins agricoles.

Des points communs évidents !

Les prises de vue et tranches de vie ont beau être différentes, reste un point commun sur lequel Pierre Soissons et Laurence Adnet effectuent la mise au point : avec leurs mots et leurs parcours, les agriculteurs du GVA Aurillac-Châtaigneraie témoignent tous, avec une grande sincérité, de leur profession et de leur passion. Sans filtre, et toujours très terre à terre.

Qui mieux qu'eux, d'ailleurs, pourrait en parler ? Il était temps qu'ils prennent la parole et s'emparent de ce champ... d'expression !

Ils évoquent aussi, souvent, le décalage entre les perceptions qu’a le grand public de leur métier, et ce qu’il est vraiment. Une façon, en quelque sorte, de rétablir leur vérité. « Ils avaient à cœur de revenir sur la façon dont est perçue leur profession. Même chez nous, dans le Cantal, et en milieu rural, on sait que la profession d’agriculteur est mal connue. Cette exposition, c’est donc aussi une façon de s’adresser aux gens d’ici, pour parler de l’agriculture et de toutes ses formes », souligne Pascale Bel, du service conseil d’entreprise et développement local à la chambre d’agriculture, qui a accompagné ce projet photographique.