Ces résidus d'animaux cachés dans les aliments

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La réglementation européenne portant sur les additifs alimentaires n’impose pas la déclaration de l’origine biologique (végétale ou animale) des additifs sur les emballages...

CHARENTE LIBRE - PUBLIE LE 21 SEPTEMBRE 2018

Boeuf, volaille, insectes... l’ONG Foodwatch dénonce la présence de résidus issus d’animaux dans une douzaine d’aliments vendus en grande surface.

Foodwatch dévoile l’animal qui se cache dans vos aliments. L’ONG a dénoncé hier la présence, non mentionnée sur les étiquettes, de résidus issus d’animaux dans certains aliments vendus en grande surface. Une douzaine de produits est ainsi épinglée pour manque de transparence sur leur fabrication, les industriels préférant "jouer la carte de l’opacité", estime l’association qui s’en prend aux "trop nombreuses arnaques sur l’étiquette".

Dans son viseur, l’ONG s’en prend aux pommes rouges de variété Fuji, qui contiennent de la résine d’insectes (shellac) ou encore au Comté AOP au lait cru bio vendu par Système U, pour lequel l’association signale la présence de présure, un coagulant du lait d’origine animale - issue de l’estomac du veau.

 
Certifiés "conformes"

La plupart des industriels pointés du doigt par Foodwatch - Nestlé, Orangina, Yoplait (Sodiaal), Cémoi, Haribo, Bonduelle, Unilever, Carrefour - se sont défendus de toute pratique illégale. Dans la majorité des échanges écrits, les fabricants confirment la présence de ces ingrédients et tous assurent que les ingrédients utilisés sont conformes à la réglementation sur la sécurité alimentaire.

De plus, une partie des marques épinglées indiquent clairement sur l’emballage la présence de produits d’origine animale. C’est le cas par exemple des flageolets de Cassegrain (Bonduelle) qui affichent "bouillon de volaille" dans la liste des ingrédients et des "Viennois" au chocolat de Lactalis Nestlé où la mention "gélatine porcine" est renseignée sur l’étiquetage.

La division "Valorisation et Transfert" du marché de Rungis souligne que le shellac (E904 sur l’étiquette), cire d’enrobage pointée du doigt par l’association, s’inscrit dans la "norme de commercialisation spécifique pomme". Cette cire, d’origine naturelle, est fréquemment utilisée dans le traitement post-récolte de certaines variétés de pommes comme la Fuji évoquée dans le communiqué, et il n’est pas obligatoire de mentionner son utilisation sur les emballages, souligne encore Rungis.

Plus généralement, les "auxiliaires technologiques" à base de viande animale (insecte, porc, boeuf) utilisés lors du processus de transformation "ne doivent pas obligatoirement être renseignés sur l’étiquette", reconnaît l’ONG dans un communiqué, mais elle estime que cela ne rend pas "légitime" leur dissimulation dans l’étiquetage des produits.

En effet, la réglementation européenne portant sur les additifs alimentaires n’impose, par exemple, pas la déclaration de l’origine biologique (végétale ou animale) des additifs sur les emballages.

Le ministre de l’Agriculture Stéphane Travert a réagi en mettant en avant l’importance du rôle du Conseil national de l’alimentation sur l’évolution de l’étiquetage des produits industriels.