Ce ministre qui veut en finir avec "l'agri-bashing"


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Un ministre qui veut travailler à la réconciliation de ces deux mondes qui se connaissent finalement assez mal.

LA MONTAGNE - Article de Dominique Diogon du 10/02/2019 - Portrait

Didier Guillaume, ce ministre de l'Agriculture qui veut en finir avec "l'agri-bashing"

Nommé en octobre 2018 ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, le Drômois Didier Guillaume tranche par un style offensif. Viril mais correct, cet amateur de rugby entend en finir avec « l’agri-bashing » et « ramener du revenu » dans les exploitations. Un match qui promet d’être rugueux.

Des moments ensoleillés pour une profession qui se sent malmenée. Mal aimée. Et comme un doux parfum de lune de miel qui flotte dans l’air. À chacune de ses sorties, un peu comme le capitaine des All Blacks au moment du Haka à l’Eden Park d’Auckland, Didier Guillaume marque les esprits avec son rituel guerrier. Une façon de prévenir ses adversaires qu’ils le trouveront sur leur route. Haro sur « l’agri-bashing », ce nouveau sport national.

Cette propension à stigmatiser les agriculteurs, ses agriculteurs, le nouveau ministre, qui a pris la place du terne, et un rien technocratique, Stéphane Travert, n’en veut plus. Il sera, c’est promis, leur « bouclier ».

"Faire avancer les mutations"

Ce mardi, après un détour par le paradis blanc du Mont Lozère et un élevage aubrac haut perché, l’ancien maire de Bourg-de-Péage (Drôme) en a rajouté une couche, à Mende, au congrès de la Fédération nationale bovine (FNB). « Je n’aurai pas peur de mettre le nez dans le ruck », a-t-il déblayé.

Dans le XV de France de l’agriculture, il se verrait bien, en bon « polyvalent », « jouer troisième ligne ». « Quand on est ministre de l’Agriculture, c’est le poste qui convient le mieux. Être capable de pousser, de faire avancer les mutations mais aussi d’éclairer le jeu, de montrer ce qui va bien et quand il faut, se bagarrer un peu pour se faire respecter. »

Eviter l'affrontement permanent

À moins de deux semaines de l’ouverture du Salon international de l’Agriculture à Paris, où son objectif sera justement de tordre le cou à « l’agri-bashing », l’ancien sénateur pose un regard lucide sur les fractures qui traversent la société française. « Aujourd’hui, et on le voit depuis le début des manifestations des Gilets jaunes, il existe une cassure entre Paris et la province, une cassure entre le rural et l’urbain, une cassure entre l’agriculteur et le citoyen. Je pense que ce n’est pas bien. C’est pour cela que j’ai souhaité travailler à la réconciliation de ces deux mondes qui se connaissent finalement assez mal. »

Pas question donc de jouer l’affrontement permanent.

Je comprends les demandes de la société et des citoyens. Mais ce que je souhaite, c’est qu’il n’y ait pas d’agressivité, que l’on puisse se parler pour faire encore évoluer les choses. On ne peut pas rester dans cette situation où l’on se regarde de travers

Ses objectifs

Un malentendu, une incompréhension que le locataire de la rue de Varenne entend lever, persuadé que « la France a la meilleure agriculture d’Europe avec les meilleurs produits et la meilleure qualité sanitaire, comme l’a démontré une étude récente. »
La  sortie du glyphosate dans les trois ans, la réduction des intrants, des anti-biotiques, les mesures pour le bien-être animal prouvent, à ses yeux, que l’agriculture tricolore va dans le bon sens. Même s’il concède « qu’il faudra aller plus loin » dans la transition vers l’agro-écologie et se positionner sur le haut de gamme pour se démarquer de la concurrence européenne et mondiale.

La loi Alimentation, prioritaire

Si son profil de troisième de ligne, toujours là au soutien, rassure les agriculteurs, comme en témoigne l’accueil presque triomphal qui lui a été réservé en Lozère, l’ancien président du Conseil département de la Drôme est attendu au tournant. Et se retrouve même en première ligne sur la mise en œuvre de la loi Alimentation qui est censée « ramener du revenu dans les cours de ferme », selon l’expression consacrée.

Lui qui pense gagner la partie « dans les deux, trois ans » montrerait alors qu’il est aussi fort en attaque qu’en défense. Tout sauf une formalité quand on a des adversaires de la trempe des industriels et de la grande distribution. Les maîtres de jeu incontestés depuis des années.

Dominique Diogon